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Tu vois, Sarko, tout ça
c'est pour toi...
Penses-y !
Je suis sûr que tu sauras
quoi en faire.
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| déc
2009 |
n°24 |
Je me disais tout à l’heure
qu’il en va des politiciens comme des truands :
ils vont en bandes.
Ils avancent masqués.
La différence peut-être
c’est que le politicien interdit le port de la cagoule au truand,
et à tous les autres, par voie de conséquence
– il s’agit d’être méfiant -,
mais qu’il s’exclut soigneusement du champ.
Et pour cause,
tandis que le truand masque son visage,
le politicien déguise sa pensée.
Mais au détour d’une phrase les masques tombent !
Mon Empireur,
Deux expressions, cette semaine.
Besson, puis Morano, puis tous derrière toi, ont employé
l’expression « mariage gris ».
La France bruisse de l’expression depuis quelques jours.
On peut lire partout d’intéressantes contributions,
fouillées et ironiques, dubitatives ou amusées…
Ce qui m’a amusé, moi, mon Empireur,
C’est ce que révèle l’expression.
C’est la vision du monde qui se cache derrière.
C’est une expression qui ne marche pas toute seule.
Elle dérive d’une autre : « mariage blanc ».
Celle-ci, tout le monde sait ce qu’elle veut dire, ce qu’elle recouvre
comme réalité.
« Mariage gris », tout le monde s’étonne du flou que
cela recouvre.
Personne ne nie qu’un problème existe,
Mais personne ne voit comment distinguer
– comment stigmatiser –
le manque de sincérité de tels mariages,
Quand on sait que l’on vient, en France, d’une très longue
tradition de mariages arrangés,
Chez les puissants, les rois, les possédants, comme chez les
paysans,
Que le mariage, même, c’est ça, l’addition
d’intérêts bien compris.
Moi, mon Empireur,
C’est pas ça qui m’intéresse.
C’est seulement la couleur. Les mots. Ils ont un sens.
Le gris, c’est l’union (pour un mariage, c’est bien le mot) du noir et
du blanc.
Deux choses sont donc claires dans votre choix de vocabulaire.
Primo, ce qui pose problème, en fait, pour vous, c’est le
mariage du noir et du blanc.
Merci de tomber le masque.
On savait, mais c’est bien d’avouer.
C’est un signe clair une fois de plus envers les racistes de tous poils.
Avant une élection, quelle qu’elle soit, c’est toujours utile,
tu me diras.
Aucun rapport avec le fond d’une élection régionale,
On est d’accord,
Mais tu le sais, toi, que le fond d’une élection,
On doit soigneusement l’éviter.
Alors, pour ce qui est de « régionales »
Où tout le monde s’accorde à dire que l’électeur
ignore totalement à quoi servent les régions…
Parlons « mariage gris » !
Ce qui est drôle dans votre expression pourrie,
C’est que le blanc est la couleur du mariage vide, de l’escroquerie.
Par voie de conséquence, le vrai mariage est noir.
(C'est le secundo)
Ah ! quand l’inconscient parle !
Le mariage est noir !
Et, pour prendre référence dans ton immense culture,
Pour que tu puisses suivre :
« Noir c’est noir,
il n’y a plus d’espoir ! »
Ça aussi, Chouchou,
ça éclaire d’un jour nouveau la vision du monde du sieur
Besson et de toute ta clique.
Si votre vision de l’Union est si, comment dire, « noire »
- en même temps,
il est vrai que le dernier livre de l’ex de Besson
avait commencé à dévoiler le truc -
Pourquoi nous bassiner en permanence avec le concept de « famille
»
Comme socle inamovible d’organisation sociale ?
Sinon,
Comment ça se passe avec Carla ? Bien ?
La deuxième expression,
Elle sort de la bouche de Coppé.
« Ils n’ont pas les codes d’accès ».
Remarque, ce qui est déjà amusant,
C’est qu’il s’agit de la même population.
Evidemment.
Quand on mélange le noir avec le blanc
Sans se rendre compte qu’on va obtenir du gris,
Il y a quelque chose qui manque.
Ça s’appelle « les codes d’accès ».
Magnifique vision du monde,
Qui révèle votre inconscient, une nouvelle fois :
Le monde est plein de digicodes.
Même pour accéder à l’entrée cochère
d’un immeuble de Neuilly
Il faut un code d’accès.
Et pourtant, il n’y a là que les poubelles.
Derrière ces poubelles,
Il y a un deuxième code d’accès qui protège
l’immeuble.
Le gars qui vient vider les poubelles,
On lui donnera le premier code.
Pas le second.
Et le premier code,
On le changera toutes les semaines.
C’est qu’il s’agit tout de même d’éviter
Que le gars gris qui vide nos poubelles
Ne s’avise d’inviter un des siens à dormir subrepticement dans
le local à poubelles.
Tiens !
Une idée ça !
Faire une Loi
Afin de rendre obligatoire un digicode sur les locaux poubelles.
Ça relancera la croissance.
Par temps de crise, il n’y a pas de petite initiative politique...
Non. Il n’y a que de la bassesse. |
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| mai
2009 |
n°23
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Tu sais combien j'aime les
paradoxes,
mon Prési-plus-aucune-dent,
à point tel, même, que je t'aime, toi.
Enfin... sans excès.
Encore que,
à bien y réfléchir,
tu n'es pas un paradoxe.
J'hésite plutôt entre l'oxymore et l'antithèse.
Une antithèse de la fonction qui aurait des faux airs de
métaphore du monde dans lequel on vit,
toi qui, si bien, met ta foire.
(oui, je suis d'humeur rieuse, ce soir)
Mais en fait d'oxymore, t'es plutôt métonymie, blink blink
;
peut-être même seulement synecdoque.
Enfin, revenons à mon amour des paradoxes.
Ces jours-ci,
l'on parle beaucoup
à raison
de récession.
Puis on glose
et l'on se félicite que la consommation tienne
encore et toujours
le coup.
Le moral des Français.
C'est le grand truc.
Si le Français consomme,
c'est qu'il a le moral,
et puis ça soutient l'économie...
qui, contrairement à ce que le bon père de famille pense,
est l'art des dépenses, et non l'inverse.
L'économie... l'art de claquer le pognon qu'on a pas.
Paradoxe à part.
Et, tiens, justement, mon Empireur de dette publique
sans aucun intérêt, sinon pour les banquiers,
à propos de paradoxe et de consommation,
voilà où je veux en venir :
curieusement,
c'est chaque fois que je vais mal,
que je flippe pour mon boulot,
ma vie sentimentale,
mon avenir qui s'obscurcit...
c'est chaque fois que je vais mal,
que je sors m'acheter une connerie.
Plus je vais mal,
plus je dépense le fric que je n'ai pas
pour me sentir exister.
Alors,
mon chercheur de croissance avec les dents...
tu serais pas en train de nous faire aller mal,
très mal,
de plus en plus mal,
pour qu'on soutienne ta putain de consommation ?
Pour qu'on entretienne, malgré nous, le système ?
Oh la vache !
Plus on va mal, plus tu nous dit que ça va bien,
que ça ira encore mieux,
on est sur la bonne route...
Et nous on consomme pour oublier que tu nous dit de continuer...
Y compris le dimanche...
La consommation a un peu baissé ces dernières semaines,
non ?
Les Français verraient donc clair dans ton jeu ?
Pas impossible mon Empireur.
Pas impossible.
Mieux je vais,
Moins j'ai envie que la consommation soutienne ta politique d'exclusion.
La consommation baisse ?
C'est manifestement le moral qui est meilleur !
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| jan
2009 |
n°22 |
Faudrait être de mauvaise foi !
Les faits sont là :
dans la foulée de ton élection,
conformément à tes promesses, tu réalises le
« Grenelle Environnement »
pour combattre le réchauffement climatique...
Un an s’écoule. Janvier 2009 : 30 cm de neige à Marseille
!
Si ça, ce n’est pas de l’excellence,
et si ça, ça ne vaut pas une prime au mérite,
c’est à désespérer de tout.
Mon Empireur,
Non ?
Un type qui fait 30 cm de neige à Marseille,
contre le réchauffement climatique,
c’est un gars qui sait mener les affaires. Qui tient ses promesses.
Tout ça pour dire,
Que quand tu nous annonces la création d’un « Conseil pour
la création artistique »,
Que tu vas présider, ben oui,
C’est clair qu’on est totalement rassuré.
La Culture est enfin sauvée.
C’est marrant,
Au même moment,
tu affirmes ton « attachement au régime des intermittents
»,
Ce 13 janvier 2009,
Alors que les partenaires sociaux viennent d’en causer
et qu’il eût été efficace d’intervenir le mois
dernier pour infléchir le Medef...
(Les négociations à ce propos se sont
clôturées le 23 décembre 2008).
C’est balaud.
A trois semaines près, ton attachement aurait pu devenir
concret...
Et puis, dans le même discours
tu vantes l’intérêt des enseignements artistiques.
- J’ouvre une parenthèse.
Ça te donne l’occasion, d’ailleurs,
d’opposer un Spinoza oublié à un Descartes
glorifié.
Oublié où ? Glorifié où ?
C’est pas que j’aurais aimé t’entendre dire deux phrases de plus
Sur ce sujet,
Mais si, quand même,
Si si.
Une ou deux phrases sur Spinoza,
A mon avis, c’eut été fendard -
Donc, je reviens à l’enseignement artistique
« une affaire à laquelle j’attache une grande importance
» dis-tu... :
Tu veilleras à ce que soient signés des partenariats
pour que chaque enfant ait la chance de rencontrer des artistes...
Question de cohérence, ajoutes-tu :
et tu énumères « Education, Architecture,
Télévision Publique ».
Je la vois pas, ta cohérence.
Qu’est-ce qui unit ces trois mots, sinon les sinuosités de ton
discours toursiveux ?
Words, words, words... disait Bill.
C’est marrant, parce que moi, la cohérence, je ne la vois pas
comme toi.
Je la vois comme ceci :
Tu es attaché à l’intermittence.
Icelle a été profondément modifiée ces
dernières années.
Tu le sais.
Un des points cruciaux a été d’exclure les heures
prestées par les artistes dans les écoles,
des heures comptant pour le calcul des indemnités.
Plus ça va,
Plus le Politique demande que les artistes interviennent en «
Action culturelle »,
Moins il y a de manière de financer ces « Actions »
correctement.
L’Artiste doit s’y consacrer, mais ça ne compte pas pour du
travail.
Cohérence dis-tu ? Mon Empireur.
Sont-ce les écoles, lycées, universités... qui
doivent financer cela ?
Au moment où les cordons de la bourse (oui, je sais l’expression
est mal choisie) sont resserrés ?
Ou bien, cela va être pris en charge par un Etat qui,
schizophrène, va continuer à tolérer qu’on ne
reconnaisse pas cela pour du travail d’artiste ?
Et alors qu’il y avait à faire sur ce sujet il n’y a pas trois
semaines,
Et que tu n’as pas bougé,
Aujourd’hui, à Nîmes,
tu nous prétends qu’en prenant la Présidence d’un Conseil
pour la Création artistique,
et en visant l’Excellence,
la Culture va entrer dans une ère solaire, telle que la
rêvait Albert Camus ?
Pour ma part, je crains fort qu’il neige l’année prochaine sur
la Culture.
Et pour te le dire tout franc,
Ton discours de 25 pages, j’ai bien l’impression qu’il était
fait de 18 pages au moins hors sujet...
Méditerranée, mixité sociale...
toutes choses fondamentales...
Mais éclairaient-elles la question du « Conseil pour la
création artistique » ou de « l’enseignement
»... ?
Je vais terminer en te citant une dernière fois,
Mon Empireur,
Ce 13 janvier à Nîmes :
Après un rappel, orchestré comme une Samba lors d’un
discours de Fidel C
(ta vieille technique "un coup trop à droite, un coup trop
à gauche... même le centre s'y reconnaîtra"),
tu conclus en lançant
« Faites-moi partir, car j’ai encore beaucoup de choses à
vous dire et je pourrais rester ».
Eh oui !
On en a bien conscience.
Tu pourrais rester, Mon Empireur,
Et c’est à nous de te faire partir...
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| oct
2008 |
n°21 |
Ô
Mon Empireur des Rancis,
Qui est responsable de l’éclatement de la grenouille dans la
fameuse fable ?
Est-ce la grenouille qui voulait qui voulait qui voulait... ?
Ou est-ce la soeur qui répondait « vous n’y êtes
point » à la pécore
sans tenter un instant de lui mettre les yeux en face des trous ?
Je me pose la question.
Et je te la pose.
Et je suis sûr que tu as la réponse depuis longtemps.
Toi, et les tiens.
Parce que, mon Empireur,
Tu n’as pas le Pouvoir qu’on te prétend,
Tu ne peux pas ce à quoi tu aspires.
Tu n’es qu’une grenouille,
Et je n’ai été que la soeur
Qui s’est idiotement adressé à toi, alors que vous
êtes des centaines.
Je n'ai été que la soeur qui n'a pas vu que tu n'es qu'un
chiffon rouge agité sous mes yeux,
tout occupé que j'étais à espérer que tu
éclates...
Tu n’es rien tout seul, mon Empireur.
Tu n’es pas grand chose, Nicolas.
Un chiffon rouge qu’on agite sous les yeux de celui que l’on
mène à l’abattoir.
Notre drame,
C’est qu’il y a 340 autres personnes qui veulent ce que tu veux.
Pas parce que tu le veux.
Pas parce qu’ils pensent comme toi.
Parce que vous pensez tous la même chose.
Et qu’il y a
(c’est toi qui les as choisis APRES qu’ils t’aient choisi)
34 personnes qui se réunissent avec toi, pour décider
d’une politique.
Et sous ces trente-là, des dizaines et des dizaines
Qui, laborieusement, travaillent à mettre en pratique quelque
chose qui est dans les tuyaux depuis si longtemps.
Pendant que tu t‘agites, eux, ils plantent les bandrilles, ils placent
les barrières qui conduira le troupeau aveuglé par le
chiffon rouge.
Tout le monde raconte que c’est toi qui diriges,
qui ordonnes,
qui influes,
qui orientes...
Mais tu le sais, mon Empireur,
Que vous étiez tous d’accord avant de commencer.
Pas parce que tu avais si bien pensé,
- Tu le sais que tu n’as rien pensé de tout ça -
Mais parce que tu répétais avec enthousiasme ce qu’aucun
des tiens n’arrivait à dire avec autant d’entrain bien qu’il en
soit intimement persuadé.
Le travail de persuasion, d’autres l’avaient fait bien avant que tu te
lances dans la bataille.
Tu ne peux pas grand chose, mon Empireur,
Toi, tout seul,
Tu ne peux rien contre la crise financière,
Quoi que tu en dises, et bien que tu t’agites comme toujours,
Tu ne peux rien.
Ton drame, c’est que tes 400 coalisés, avec toi, ça n’y
fait toujours rien.
Mais, toi, tout seul, mon Sarko,
Tu ne peux rien
Contre les voitures qui crament,
Contre le chômage qui monte,
Contre les usines qui délocalisent,
Contre le pouvoir d’achat qui baisse,
Contre l’inflation,
Contre les chinois qui sont de plus en plus forts,
Contre l’éducation nationale qui ne produit pas que des enfants
heureux,
Contre le trou de la sécu,
Contre...
Avec les 400, par contre, vous en faites de belles...
Vous avez tout prévu de longue date,
Avec des rhétoriques toutes prêtes pour les voitures qui
crament et la France qui branle rien,
Surtout le dimanche...
Tu ne peux rien tout seul.
Vous êtes des dizaines et des dizaines...
Tu n’es que l’Excroissance visible
Manipulée par une grande main invisible et pourtant bien
réelle, bien présente.
Tu n’es rien, Mon Empireur, qu’une Excroissance.
(Ex-croissance ? un lecteur de sondage en chef...)
Ô Ma très grande Excroissance,
Je suis ta soeur qui te dis « si tu continues à enfler, tu
exploseras ».
Je ne veux plus regarder que le chiffon rouge.
Et si je veux tellement te le dire, mon Empireur,
Ce n’est pas pour que tu évites l’explosion.
Ça, je m’en fous.
C’est que depuis quelques semaines,
J’en vois d’autres
Qui semblent avoir oublié totalement que tu n’es rien,
Qu’à l’endroit où tu es,
Seul, tu ne peux rien,
Et que ce fauteuil, pour confortable qu’il soit,
N’a aucun intérêt,
Sauf seulement pour tous ceux qui sont derrière lui,
Et qui savent comment faire pour tirer des marrons.
Ô mon Excroissance,
Tu es bel et bien un Empireur,
Parce que tous ces tireurs de marrons, tu les connais, et tu les
favorises.
Mais l’on est autorisé de penser qu’un Autre à ta place,
Avec 400 personnes aux idéaux intègres,
Ne passerait pas son temps à s’auto-promotionner,
A favoriser sa propre caste.
Pour ça,
Ô Excroissance empiresque,
Il faut deux choses :
Primo : ne pas oublier de répéter à la grenouille
qu’elle n’est que grenouille.
Que jamais, aussi enflée d’elle-même qu’elle soit, elle
n’aura d’importance toute seule.
Sans quoi, on est comme la soeur : on voit et l’on est complice.
Deuxio : ne pas oublier de le dire à l’opposition.
Le poste de tout en haut,
Qu'on le nomme Présidence ou Secrétariat...
Ne l’oubliez pas,
Ce n’est rien,
Qu’une personne,
une façade,
un rien,
une excroissance.
Jamais vous ne gouvernerez de la place de l’excroissance.
Mais :
Quand vous saurez, ensemble, ce que vous faites,
Alors une excroissance sans importance,
Que l’on pourra vaudouiser, éventuellement,
Personnalisera le propos.
L’Empireur ne peut rien.
Il n’est que le jouet de ceux qui l’ont mis là.
Eux savaient ce qu’ils faisaient.
Ce qu’ils font encore.
Ce qu’ils vont continuer à faire pendant encore trois ans...
Mon Empireur,
Tu ne m’intéresses pas personnellement.
Si je continue à m’adresser à toi,
Ce n’est que pour faire entendre à tous ceux qui sont
derrière ton Excroissance ce qu’ils sont !
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| juin
2008 |
n°20 |
merci à Georges
Ces deux vidéos, je les avais laissé sans commentaire...
Afin que ce soit clair,
qu'il me soit permis, maintenant de dire ces deux choses :
Brassens se permet d'en appeler au bousillage des pandores
("sous forme de macchabées, moi je les adore...")
et pourtant il est vu pas nos parlementaires comme un hystrion
nécessaire.
Par moi aussi, d'ailleurs.
D'autres, j'en ai parlé ci-dessous..., sont traînés
devant les tribunaux
par des parlementaires qui les voient comme la source des
problèmes d'aujourd'hui, non comme ceux qui les
décrivent...
Alors,
comme conséquence,
comme j'aime que l'on ait de la cohérence dans ses attitudes,
j'ai choisi de placer une deuxième chanson
à la suite de celle-ci.
Comprenne qui pourra.
***
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| avril
2008 |
n°19 |
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My magnifical Empireur,
Un mot me vient en tête, à l'instant,
qui me semble être le coeur de ce que nous attendons tous de la
politique...
Cohérence.
Alors... Comment dire ?
La cohérence est à l'incohérence
ce que la continence est à l'incontinence,
une nécessité indiscutable.
Tandis que la continence est la norme,
semble naturelle,
ne souffre aucun débat,
ni aucune exposition médiatique,
- enfin disons-le, la continence, sans que l'on
juge utile d'en parler, tout le monde l'attend de tous
c'est une sorte de "non-sujet" -
l'incontinence, elle, dérange les voisins immédiats,
ne fait pas propre,
donne une image calamiteuse,
fait honte,
déclenche des réactions parfois brutales,
et cause des discussions houleuses au sein des familles
qui ne parlent plus d'autre chose
tout en répétant "On est à table tout de
même !".
Oui.
Tout de même !
Donc, là,
en politique,
on est un peu tous comme assis à la même table.
Et l'incohérence, elle reste en travers de la gorge
et bloque le passage au gigot.
Je te donne trois exemples d'incohérences
qui rendent la déglutition politique difficile,
au point que l'on puisse craindre de nouvelles fièvres
prochaines.
Pourquoi trois exemples ?
Comme ça.
Parce que trois, c'est comme la Trinité,
c'est important, c'est même central,
c'est carrément notre bagage cultuel européen,
je sais que le chanoine honoraire de Latran y sera sensible.
Jusqu'à deux incohérences, on peut persister à
parler d'accident,
et continuer à guetter le reste de cohérence ;
à partir de trois, on touche à l'Universalité.
C'est comme ça, la Trinité.
Donc
premier exemple :
(je t'épargne tout
le Saint Tremblement : le Fouquet's, le Yacht, le Bling-Bling
alors que certains attendaient la position du Missionnaire, non pas
celle-là, l'autre,
la
Grâce,
l'élévation à la dignité de la fonction...
tout
ça, c'est bigrement subjectif, ni cohérent ni
incohérent,
juste la question de savoir d'où l'on regarde, d'où l'on
commente)
la mort de Chantal Sébire et les réactions que
l'affaire a engendrées.
D'une seule voix, j'ai entendu les tiens s'époumonner :
"Il ne faut pas légiférer dans l'émotion".
Belle idée, en effet.
L'émotion et la Loi font mauvais ménage.
Et même si je suis partisan d'une révision profonde de la
loi,
je souscris à la formule.
Hélas, elle n'est que formule,
pire,
elle est opportuniste.
Pourquoi, a contrario, légiférer dans l'urgence
à propos de la délinquance,
à propos du récidivisme,
à propos de l'immigration...
Et pourquoi pérorer sur tous les tons
des "Et on voudrait que je reste insensible..."
et des "Et on voudrait que je reste les bras croisés..." ?
Incohérence.
Deuxième exemple :
nommer Nadine Morano, à ce moment porte-parole de l'UMP,
à
la tête d'un nouveau secrétariat d'État à la
Famille...
au moment où elle perd nettement des élections,
- elle s'est par ailleurs
depuis longtemps prononcé pour l'exception d'euthanasie
dont je parlais justement au paragraphe précédent,
et qui semble tant poser des problèmes aux familles et aux tiens
en général,
tu vois, c'est pas une question de bord politique, ce que je te raconte
-
et après que son
jugement à propos de Fadila Amara fût si
catégorique,
" on ne dit pas, lorsqu’on est
ministre de la république
«
faut y aller à donf’ » "
peut paraître curieux
à tous ceux qui pensent que
" Casse-toi, pauvre con "
est probablement un tantinet plus caractérisé...
A ce sujet, l'a-t-on entendue, la porte-parole ?
Incohérences.
Troisième exemple :
répéter à l'envi que la dette de la France est
insupportable,
qu'il faut la réduire,
qu'il est un scandale inadmissible c'est de léguer une telle
dette à nos enfants...
est-ce réellement compatible avec une décision,
- prise sans qu'aucune
émotion populaire n'exerce une perverse pression -
qui organise la rente viager inversée, au taux usuraire,
ou l'hypothèque rechargeable, à l'endettement permanent...
C'est un certain ministre de l'économie qui en fit la promotion.
N'y a-t-il pas là une vision particulière
de la dette publique et de la dette privée ?
L'une est mauvaise - à proscrire -, l'autre excellente -
à promouvoir - ...
Pourquoi ?
Incohérence.
Au vu de toutes ces incohérences,
je viens juste de comprendre la formule
"travailler plus pour gagner plus"...
Cette formule comporte deux verbes.
Et aucun sujet.
Qui travaille plus ?
Qui gagne plus ?
Le même.
Certains ont du croire que oui... et voter pour toi...
Et d'autres, croire que non... et voter pour toi, justement pour cela...
Aah ! Incohérence !
Pourrait bien y avoir une sorte de cohérence cachée
là-derrière...
C'est pas les mêmes qui paient...
C'est toujours les mêmes qui reçoivent...
***
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| mars
2008 |
n°18 |
|
|
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Mon Empireur des
Français,
(j'ai hésité
avec "Mon empireur du français", va savoir pourquoi)
Chronologie :
"Si certains n'aiment pas la France,
qu'ils ne se gênent
pas pour la quitter"
N.Sarkozy
- Paris - le 22
avril 2006
*
"J'ai changé.
J'ai changé parce
qu'à l'instant même où
vous m’avez
désigné j'ai
cessé d'être l'homme d'un seul
parti (…)
J'ai changé parce
que le pouvoir m'a changé. Parce qu'il
m'a fait
ressentir
l'écrasante responsabilité morale de la
politique.
Le mot "morale" ne me fait
pas peur.
(...)
Etre
de droite (...) c'est refuser de voir dans le contradicteur un ennemi
mais un citoyen dont on
doit entendre les arguments."
N.Sarkozy
- le 14 janvier 2007
Discours du
congrès de l'UMP
*
" - Un quidam : Touche-moi
pas.
- N.Sarkozy : Casse-toi,
alors...
- Le quidam : Tu me salis !
- N.Sarkozy : Casse-toi,
pauvre con."
N.Sarkozy
en dialogue avec
un opposant - Paris le 23 fevrier 2008
*
Je sais pas toi, mon Empireur,
mais moi, le changement que je vois là-dedans,
je suis pas sûr qu'il soit propice.
Même si toute équivoque est maintenant parfaitement
levée
sur le contenu raciste de la première phrase...
Tout le monde a vocation à devoir se barrer.
C'est plus propre.
Mais, enfin, je vois que tu as tenu compte
de ma petite pensée n°16 (ici)
à propos du calme dans la chambre à coucher,
et des coups de mentons bien fermes à donner.
En ce moment, la rétention de sûreté
est une coquille aussi vide que le test ADN de l'été
dernier,
mais tu tiens bon,
en faisant semblant de pouvoir obtenir de la Cour de Cassation
ce que tu n'as pas pu obtenir du Conseil Constitutionnel.
Quel brillant avocat tu as du être.
Tu as laissé trois mois au Président de la Cour de
Cassation
pour qu'il fasse des propositions...
Et les élections c'est... c'est... le 9 et 16 mars...
Excellent !!!
Je t'assure que ça ne se voit absolument pas.
Tu sais que le problème de la récidive...
c'est justement que les gars recommencent...
Comment faire pour qu'ils recommencent pas ?
Allez, encore un effort... tu y es presque.
***
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| fév
2008 |
n°17 |
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mon Empireur,
Je vois pas autre chose que ça,
cette semaine,
pour Carla et toi :

Elle pour l'Express,
tellement express
que plus le temps de penser.
Et toi,
mon empireur,
qui sais plus quoi inventer pour aller au-delà
de Guy Môquet.
Oui, Guy Môquet pour le Lycée, l'année
dernière.
11000 déportés français, pour le CM2, cette
année.
Et l'année prochaine,
Qui ? Combien ? Pour la maternelle ?
Hélas :
Le point Godwin, on l'atteint à la fin d'un débat qui
vire en quenouille.
Le problème, cette fois, c'est que le point godwin est atteint
avant même tout débat...
Ça va vraiment très mal.
Je t'embrasse,
Mon Empireur.
***
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| jan
2008 |
n°16 |
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Nico, mon Empireur,
Quand je pense qu'il y a
des gens qui t'appelle Nabot-Léon !
C'est indigne !
Tu m'excuseras de ne plus
t'avoir écrit depuis si longtemps...
Ben... c'est que j'essaie de travailler plus.
Ça a marché !
Pour gagner plus, ça, j'ai pas encore trouvé,
la faute à mon statut d'intermittent probablement...
Ben oui, encore !
Que je travaille 8h00 ou 12h00,
c'est pareil, ça fait un cachet... un seul.
Donc cette année, je travaille 12h00 pour le même cachet
que l'année dernière...
où on me relâchait plus vite.
Suis con, hein ?
Bon, suis pas venu là pour parler de moi, hein !
C'est devenu limpide pour moi aujourd'hui
que ton seul objectif,
c'est de faire revenir la France au temps de sa grandeur,
de sa splendeur passée,
le phare qu'elle était pour le monde...
c'est d'ailleurs ce que tu disais texto il y a juste un an,
lors de ton investiture comme candidat de l'UMP à la
présidentielle.
Et dire que nous avons mégoté,
alors que ton rêve est grand :
la France En Pire.
Tu es sur la route.
Ne mollis pas.
A ce propos, je constate que tu n'as pas perdu de vue
que de nouvelles élections approchent. Deux mois.
Des municipales, d'accord, c'est pas grand chose pour toi,
mais comme tu es un gagneur,
mets toutes les chances dans ton camp.
Ça fait de longues semaines
que tu ne nous as plus rien sorti
à propos de l'immigration et des immigrés.
Bon, y avait d'autres chats, d'autres chattes à fouetter.
On comprend.
Et puis,
la dernière fois, tu avais été parfait :
Le test ADN pour arrêter
les frêles esquifs qui s'esquintent sur nos côtes
quand ils ne coulent pas en haute mer,
emportant leur pauvre cargaison faite d'hommes et de femmes morts de
faim,
les tests ADN pour stopper cette honte,
les gamins qui chutent des trains d'atterrissage d'avion de ligne
où ils ont squatté une place-congélateur
sans verser leur dîme au chauffeur,
les tests ADN pour qu'enfin
les marchands de sommeil, les esclavagistes modernes,
les exploiteurs de misères
cessent de profiter de la détresse ultime
de désespérés aveuglés par nos verroteries,
qu'ils n'atteindront jamais...
La science objective du test ADN
pour régler tout ça...
Chapeau !
Et puis du blink-blink.
Très bien.
Mais là,
il est temps que tu reviennes sur le sujet.
Les élections, c'est sacré.
Tu sais,
les Municipales,
ce sont ces élections où les gens votent dans le bled
où ils dorment.
C'est rarement le bled où ils bossent.
Donc, tout ton foin sur le pouvoir d'achat,
tu peux le ranger.
Laisse les autres t'attaquer là-dessus,
titille-les, oblige-les à mordre le grossier appât,
tout le monde s'en moquera dans l'isoloir.
Utilise pour la diversion.
Mais, toi,
il te faut revenir sur la qualité du silence
quand on est dans sa chambre à coucher.
Faut organiser le silence pour le dormeur.
Plus de flambée de violence,
plus avoir peur de ce qu'on raconte dans le poste de
télévision...
On va t'attaquer sur le populisme.
Tu t'en moques...
Comme d'hab'
Les gens aiment.
Seulement s'il te plaît,
pas de test ADN d'opérette cette fois,
il paraît que le précédent s'appliquera à
une poignée de gens,
beaucoup de vent pour rien.
Ça s'est vu. Hélas.
Même les plus amblyopes de tes supporters se sont posés
des questions.
Non, du charter !
Du quota d'expulsion !
Du menton bien haut.
De l'enfermement !
Du "Et l'on voudrait que je tolère..." !
Quoi ?
Je suis déjà en retard ?
Tu as déjà commencé ?
Ah pfffffffff !
Je travaille trop en ce moment.
Plus le temps de penser pour toi,
Mon Empireur.
A propos, encore une chose,
juste à côté de la chambre à coucher,
il y a la salle à manger...
Le calme y doit régner aussi.
En tous les cas, pas de stress dans l'assiette.
Donc, s'il te plaît encore,
les histoires d'OGM,
tu t'arranges pour qu'on n'en parle pas pendant deux mois...
Le champ se trouve juste sous la fenêtre du living !
Et tu jouerais perdant.
Sur ce coup-là, les Verts et les gauchistes te tiendraient.
Du calme dans les chaumières,
voilà à quoi chacun aspire.
Botte en touche, mon Empireur,
je sais pas, moi,
balance le truc au niveau européen...
tu gagnes trois à quatre mois,
trankillement.
Les élections auront passé.
Et tu passeras pour Robin des Bois
de l'enviro-énervement.
Promets-nous du calme,
mon Empireur,
Merci.
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| 17
oct 2007 |
n°15 |
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Président, mon Amour,
Depuis cette fameuse lettre,
tu sais, celle que tu avais
sous le bras au sortir d'un conseil...
eh bien, j'ai compris que tu n'avais pas le temps de rédiger ton
courrier toi-même.
Alors, te sachant débordé,
usé par les joggings
eh oui, j'ai vu comment tu
souffres en conférence de presse
après une pointe de vitesse
malgré tout ton
entraînement
(c'est ce
que tu nous as dit, non ?, que t'avais couru, que t'avais pas
bu)
nous avons, Caroline Guth et moi, rédigé
les réponses idoines aux courriers qui t'encombrent.
Les voici.
Uses-en selon ton goût.
Mille besitos, nous aussi.
Par exemple, tu reçois :
Mon
Président,
La
rumeur court, court, court, comme le furet de la chanson…
«
Nicolas-Cécilia »…
Séparation
? Divorce ? Re-réconciliation ?
Chaque
semaine, j’épluche fébrilement, tu t’en doutes, Choc,
Paris-Match et Voici,
à la recherche d’un scoop sur le Loft Elyséen…
Évidemment,
rien.
Hormis
dans la Tribune de Genève, hélas sans le choc des photos,
et bien plus difficile à trouver en kiosque.
«
No comment » scande à longueur de conférence de
presse Martinon,
impayable en Gainsbarre prop’sur lui.
Bon, si
ce n’est pour aujourd’hui, ce sera pour demain, me dis-je.
Et,
quelque part (mais loin…) , je compatis, si, si…
J’ai
moi-même, il n’y a pas si longtemps, pratiqué l’exercice
épuisant
de jouer à cache-cache avec les gratte-papiers,
pour leur dissimuler mes péripéties conjugales.
Je sais
ce qu’il en coûte.
Encore es-tu mieux loti que moi,
qui n’avais pas de parrain du fiston chez TF1, ni de «
frère » à Paris-Match…
Permets-moi
simplement ce conseil, Mon Président :
lâche tout ce qu’elle voudra ! Pension, domicile conjugal,
voiture…
offre-lui même le jet présidentiel pour son
déménagement à New-York !
Tout,
te dis-je, sauf le fiston.
Car
vraiment,
un petit père du peuple qui n’aurait pas la garde de son propre
moutard,
ça la foutrait mal.
Ton
dévoué,
François
H.
Réponds
:
Mon
Secrétaire,
Merci
pour ta petite bafouille et ton conseil avisé.
Effectivement,
tout ça n’est pas riant.
Pourtant, en y réfléchissant un peu,
je me dis que mon prochain célibat pourrait bien être une
bénédiction pour la France.
Et pour nous.
Tu ne
comprends pas ? Je m’explique.
Comment
s’y prenait-on au Moyen Age, à la Renaissance,
du temps des Rois de France, quand deux bouts de royaumes se
crêpaient le chignon ?
On les
MA-RI-AIT !
Eh oui,
pour enterrer la hache de guerre, rien de tel que de justes noces
entres héritiers,
chacun apportant dans la corbeille nuptiale son petit bout de pays,
et la vie politique s’en trouvait miraculeusement pacifiée…
Je me
dis que ça devrait nous faire réfléchir, Mon
Secrétaire.
Pour
moi, chantre de l’ouverture tous azimuts,
quelle plus belle occasion de mettre mes discours en pratique,
que de "sauter" le p(a)s, d’en profiter, enfin… pour refaire ma vie
avec toi?
Et pour
toi, songes-y bien Mon Secrétaire,
c’est l’opportunité parfaite de couper la moquette sous les
talons de Delanoé …
Alors
pour reprendre la main, fais-moi confiance, et proclames à
l’instar d’Henri IV :
«
L’Elysée vaut bien un PACS ! »
Ensemble
tout devient possible,
Ton
Nico.
Evidemment
tu recevras :
Nicky
cheri,
Ma
réponse tient en un mot :
Oui !
Vive
l’U.M.P.P.S.B (euh, B, pour Bis, naturellement…).
Francinot
qui compte les jours.
Je
sais
que tu répondras :
Mon
Fanfan la Rose,
Décidement,
à gauche, on a le sens de la formule qui claque :
U.M.P.P.S.Bis
? Ca sent sa rupture à Papa.
Je
propose Union Masculine Pour un Pays Sans Bonnes femmes.
Ca,
c’est vendeur, ça fait rêver le clampin !
A
tel point, que j’ai déjà fourgué une carte
à Balkany.
Lui non plus, il n’a jamais voulu gober que les « millions de
besitos » de sa douce
s’adressaient à la mienne…
A
vite,
Ton
tout petit
Ça
t'ira ?
Tes dévoués...
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| 30
juin 2007 |
n°14 |
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Président,
mon Amour,
Je te tire mon chapeau.
"Réhabiliter la valeur travail",
voilà une grande idée.
Simple, beau comme un cantique.
Sobre. Sobre surtout.
Tiens ! Sobre, c'est ce qui te convient le mieux.
La France de ceux qui suent et en chient
applaudit la formule qui condamne la France de ceux qui branlent rien.
C'est pratique.
Fini le conflit entre ceux qui ont et ceux qui n'ont rien.
Voilà le conflit entre
ceux qui n'ont rien mais bossent comme des ânes pour l'obtenir
et ceux qui ont encore moins mais dont on raconte qu'ils s'en
contentent tellement bien.
Les seconds vivant aux dépens des premiers.
Evidemment.
Les premiers devant bien prendre conscience que,
s'ils arrêtaient de couvrir les comportements oiseux des oisifs,
ils en auraient tellement plus pour eux-mêmes...
- il s'agit quand même
qu'ils comprennent que ceux qui en ont vraiment, eux,
ne peuvent plus rien donner - c'est pas tenable pour eux - enfin, c'est
vrai !
(c'est élémentaire
à comprendre quand même !!!)
(d'ailleurs à ce sujet,
je m'amuse assez d'entendre ces derniers hurler au déni de
démocratie
quand ils entendent l'un ou l'autre des péquenots
promettre qu'ils ne se laisseront pas faire, qu'il y aura un
troisième tour social...
Ils ne hurlaient pas au déni de démocratie en 1981
quand ils se sont barrés avec l'argenterie en poussant des cris
d'orfraie
pour tout planquer en Suisse,
afin que les socialos ne les flanquent pas sur la paille...
Pourtant y avait bien eu des élections légitimes, non ?)
Bon.
Or donc !
Réhabiliter la valeur travail.
j'aime beaucoup.
Mais, comme d'hab', mon Président joli,
il ne faut pas que tu t'arrêtes-là.
Il faut s'assurer que le travail
- bien
réhabilité, belle façade, nouvelle tuyauterie -
soit payé à
son prix.
Tu sais. Pas d'inflation galopante, de hausse de prix, etcetera.
Pour ça : la loi de l'offre et de la demande, le marché,
la régulation par le marché...
et donc la comparaison.
Il est urgent d'inventer l'outil qui permettra de comparer valablement
le prix de la valeur travail, de la ressource humaine.
Foin du nébuleux "rendement" ou de la notion crypto-socialiste
de "productivité"...
Invente, s'il te plaît, Ô mon Président,
le Pèse-Travail,
afin que l'on puisse toujours comparer la valeur travail d'un boulot
à l'autre,
que celui qui en a le plus soit mieux payé.
Finis les parachutes dorés scandaleusement indûs,
les salaires mirobolants injustifiés...
Il y aura
la valeur travail réhabilitée grâce au
Pèse-Travail.
Le Pèse-Travail prend une mesure scientifique en kJoules.
Il restera à fixer une valeur salariale universelle du kJoule.
Et voilà que tout travail méritant salaire sera
équitablement et scientifiquement rétribué.
Finie la contestation sociale.
D'accord le Pèse-Travail doit pouvoir peser de l'abstraction.
Pas facile.
Mais mathématique !
vP
—— x R = vT
dh
où
:
vP est le
volume de production, normé comme il se doit,
par ton ministère du Travail Réhabilité,
dh est le
différentiel réellement constaté
pour atteindre ledit volume de production
entre le temps normé et le temps pris par le salarié.
Plus on travaille vite, plus on multiplie.
R est
une constante liée aux Risques, fixée par le
ministère du Travail Réhabilité
- le PDG d'Areva, ou d'EADS, par exemple, court un risque environ 20000
fois plus élevé qu'un employé de base
d'être remercié... en effet, lorsqu'on lourde un
employé, chacun a une chance sur 20000 d'être
lourdé, s'il y a 20000 employés, alors que lorsque l'on
éjecte le pdg, le pdg a 100% de chance d'être la
victime... Dans ce cas, ton MTH aura à coeur de fixer dans un
décret d'application que R = 20000
Voilà,
mon Sarko,
Je t'ai préparé le plus gros du travail.
Au prix du travail réhabilité, je pense que je viens de
toucher le pacson !
A propos, j'intermitte pour l'instant.
Je suppose qu'il n'y aura pas de réhabilitation de
l'intermittence,
ce statut de ramassis de feignasses.
Si tu as quelques minutes, lis ça : ici.
Et puis...
Run,
mon Sarko, run ! *
Tu
vas sauver la France !
* trad : Cours, my beautiful
President ! Cours !
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| 8
mai 2007 |
n°13 |
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Mon Président,
- tu excuseras, tu autoriseras même, cette
familiarité,
mais maintenant que tu es mon Président,
je nous trouve une certaine intimité...
elle me console d'avoir perdu,
de penser que mes douze
premières pensées ont
été inutiles...
et de devoir me résoudre à en écrire une
treizième...
13...
c'est un signe, non ? -
Or donc !
Il ne faut pas accorder trop de foi aux sondages.
Tu le sais. Je le sais. Nous le savons.
Encore que celui que je m'apprête à invoquer te
prédisait une victoire à 52,5%...
Que tous te plaçaient autour des 53 ou 54 %...
et que tu vaincs avec 53,06 % !
Il ne t'aura donc pas échappé cette bordée de
chiffres-ci,
publiée en même temps que le sondage IFOP
pour le JDD et M6 :
"Ventilation par classe d’âge
du vote Royal
-
18/24 ans 53%
-
25/34 ans 54%
-
35/49 ans 56%
-
50/64 ans 51%
- 65
ans et plus 25%"
Moi qui croyais, comme les faiseurs d'opinion,
que tu étais massivement élu,
que j'étais un minoritaire,
que j'étais déconnecté de mes concitoyens...
Que deux millions d'électeurs pouvaient m'intimer le silence...
Quand tu sais que, de 20 à 64 ans, il y a 36 millions d'hommes
et de femmes en France,
et qu'il y a un peu plus de 10 millions de plus de 65 ans...
Tu vois vite où sont les deux millions d'électeurs qui
forment ton "éclatante victoire".
En fait...
Je constate que je suis surtout déconnecté de mes vieux...
Ah ! Ce bon vieux conflit des générations,
magnifié par Mai 68.
Je commence à comprendre un peu mieux ta rhétorique des
derniers jours...
Jouer des clivages. Trop fort.
Caricaturer les choses pour un électorat qui n'ira pas
naturellement
vérifier la réalité des chiffres
(délinquance, récidive, violence, chômage...)
sur internet...
pendant que les médias traditionnels oublient de faire leur
boulot !
Organiser la cécité, en quelque sorte. Impeccable...
Si tu me permets, malgré tout, encore quelques conseils...
Ce sondage montre qu'il est urgent, pour toi,
de lutter contre le réchauffement climatique,
seule façon d'éviter un prochain revers électoral.
Oui.
Cet incontestable réchauffement génère
- personne ne le nie -
les troubles météorologiques dont nous avons souffert ces
dernières années.
Imagine,
deux canicules sur ces cinq prochaines années,
cumulées à un méchant coup de froid le soir de
Noël,
à la sortie de la messe de minuit,
et c'est la frange de la population la plus fragile des bronches qui
disparaît...
sous le regard désintéressé d'une jeunesse qui ne
s'occupe plus de ses vieux.
Ce qui explique, par ailleurs,
que ces derniers aient voté pour les valeurs famille et travail,
le respect et l'ordre...
Deux canicules...
et ton électorat se trouverait décapité !
Mazette !
Peux-tu courir ce risque ?
Non.
La longévité est devenue ton plus sûr allié
électoral.
Il faut les faire tenir. Coûte que coûte.
Soigne le climat (crée un grand
ministère du climat national) !
Concilie-toi l'Amérique "s'il te plaît
Dobeliou, signe Kyoto, sauve mes électeurs"
Et, tu as raison,
combat les fléaux médicaux !
Alzheimer, grand chantier pour les 5 années qui viennent.
Excellent.
Les faire vivre... sans aucune mémoire...
Un électorat qui ne flanchera jamais.
Bravo.
(Ne te laisse pas impressionner, mon Président,
par ceux qui te taxent de démagogie;
au contraire, tu as raison, continue,
il y a une écrasante majorité de français d'un
certain âge qui aime ça)
Ton dévoué
Je voulais terminer par un
Post-Scriptum.
Mais, me suis-je ravisé, un P.S.,
aujourd'hui ?
Non.
C'est terminé, laminé, enterré,
kärcherisé.
Ça n'existe plus.
Et puis la bonne propaganda se niche dans les détails :
interdis, s'il te plaît, par décret, l'usage du
Post-Scriptum,
et rend obligatoire l'Under My Prose.
Fini le latin, vive l'english pour une France qui bouge enfin.
Donc,
Nouveau
dicton à faire promouvoir
par le Ministère du Climat tempéré, de la
Tolérance zéro, et de l'Identité
météo
(attention, pas se gourer dans l'ordre des termes)
"A la Sainte Prudence,
Je place la Vertu à la Présidence"
Fais vite, parce que, sans cela, ceux-ci pourraient s'imposer :
"A la Saint Landry
C'est l'opposition qui rit
A la Saint Reynier
le Quinquennat est plié"
On peut rêver, non ?
Je continuerai à voter...
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| avril
2007 |
n°12 |
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Nicolas,
Bientôt le deuxième tour...
Je vois que tu n'as pas lu toutes mes pensées
précédentes...
Vas-y vite, c'est ici dessous !
Et pendant que tu lis ça,
pour une fois, je vais m'adresser aux autres lecteurs de cette page.
J'ai une haute opinion de la
Démocratie.
Souvent, on entend que c'est le pire des systèmes
(à l'exception de tous les autres) ...
Je n'en souhaite pas d'autre.
Même si c'était toi, Nicolas, que l'électeur
sélectionnait.
Pas d'autre.
La voix de la majorité.
Même si je suis persuadé que la majorité à
tort.
Même si je suis persuadé que l'opinion se manipule.
Même si je suis persuadé que le Pouvoir s'auto-conserve...
Mais, voilà, la Démocratie, c'est ça : la
majorité l'emporte.
Ce qu'on oublie de rappeler, Nicolas,
c'est qu'en Démocratie,
si la majorité se voit confier la charge du Pouvoir,
- c'est le Droit qu'elle reçoit -
elle reçoit aussi une lourde responsabilité,
c'est un Devoir
- pour reprendre un vocabulaire que tu affectionnes,
jamais de Droit sans Devoir -
elle reçoit le Devoir de respecter et faire respecter la ou les
minorités.
Dans mon vocabulaire,
ce n'est pas un Devoir mais une Responsabilité.
C'est un concept fondamental de la Démocratie.
La majorité n'est pas élue pour imposer aux autres ses
conceptions
(même immaculées...)
mais pour veiller à l'intérêt général.
Ça ne donne aucun droit à la majorité de dire
à la minorité :
"taisez-vous, vous avez tort et j'ai raison, la preuve,
l'électorat m'a choisi ! Voyez votre pourcentage, il est
minable,
vous avez donc tort..."
Je galège ?
Non, Nicolas, je l'ai entendu dans la bouche de Yves Jégo (UMP)
s'adressant à une représentante Ecolo sur France 2, le
soir du premier tour.
Non, la majorité élit des représentants
qui doivent être capables
de défendre les minorités,
de leur assurer la Paix et la Prosperité,
comme aux autres,
bien que ces minorités n'aient pas accès aux leviers du
Pouvoir.
La Majorité n'est légitime que
si elle est capable d'assurer cet équilibre et ce respect des
minorités.
Alors ?
Que peut-on penser de celui
qui divise,
qui élève les uns contre les autres,
qui joue des peurs,
qui cultive les fractures,
qui conforte les pensées sectaires et les exclusions,
qui incline à penser que le monde se divise entre le Bien et le
Mal, génétiquement,
qui souhaite donner plus à ceux qui ont peu,
mais en même temps prendre moins à ceux qui ont plus...
(d'où qu'il le prend, ce qu'il va donner ?),
qui refuse d'écouter ce qui n'est pas son idée ?
Peut-il être Responsable des minorités ?
En allant voter,
dimanche 6 mai,
j'aurai cette question dans la tête :
"des deux candidats,
lequel
me semble être celui qui a le plus
la
faculté d'être celui qui représente la
majorité
et, en
même temps, celui qui assurera
à
la minorité de n'être pas muselée,
oubliée,
écrasée, niée,
mais
au contraire,
qu'elle
est un ferment nécessaire,
supplémentaire,
respectable,
et
défendable ?"
Parce que majoritaire aujourd'hui, je pourrais bien être une
autre fois minoritaire,
et inversement !
Et je tiendrai toujours à être entendu...
Répondre à cette question, c'est choisir...
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| février
2007 |
n°11 |
Ecoute ça Nicolas :
cliquez
ici
André Dassary fut une
vedette considérable des
années 1940-1950.
C'est un ténor qui chanta notamment "Maréchal, nous
voilà !"
Un peu comme Sardou chante "Allons danser", la carmagnole sarkozienne...
Tout
autre chose,
"Ma France (...) c'est la France (...) des croisades et de Valmy"
C'est dans ton discours du 14 janvier 2007.
Tu excuseras les deux ellipses, elles ne dénaturent pas le sens
des mots,
elles permettent d'éluder de fastidieuses
énumérations.
Tu commençais par des hommages à des personnes
incontestables,
Simone Weill, l'Abbé Pierre, Emile Zola...
St Louis, Jaurès et Blum...
Et puis paf,
tu nous sors ça :
"Ma
France (...) c'est la France (...) des croisades et de Valmy"
Mais, mon petit Nicolas (c'est affectueux, comme chez
Goscinny),
Les croisades, c'est pas ces terribles expéditions contre les
infidèles
(musulmans notamment) ?
C'est vraiment de cette France-là dont tu rêves pour nous ?
Et la bataille de Valmy ?
C'est pas la bataille que Dumouriez a gagnée pour la France
quelques semaines avant de devenir traître à sa patrie ?
Dans la peau de qui te rêves-tu lorsque tu la revendiques ?
Dumouriez ? Danton ? ou Robespierre ?
Brrrrr !
En tout cas,
on ne pourra pas dire que tu ne nous avais pas prévenu...
Et un prévenu... ça risque la préventive...
Moi... je préfère pas te proposer de conditionnelle !
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| décembre
2006 |
n°10 |
Sarko, mon tout petit (c'est affectueux),
Tu me donnes du travail cette semaine...
Je ne sais plus où donner de la tête.
"2008 année blanche"
T'aurais dû communiquer là-dessus avant Thierry Breton
C'est une idée sublissime
Cette année, on a payé des impôts... calculés sur les revenus de 2005
En 2007, on paiera des impôts... calculés sur les revenus
de 2006
En 2008, on
paiera des impôts... calculés sur les revenus de 2007
En
2009, on paierait des impôts calculés sur les revenus de 2009...
N'est-il pas clair qu'on paiera des impôts tous les ans ?
Y a pas d'année sans impôts
Y a une année blanche.
C'est quoi ça comme couleur, une année blanche ?
L'année où l'on prend les gens pour des gogos ?
Comme les revenus, en général, augmentent un peu chaque
année...
Ben, Sarko,
Il est clair qu'en 2009 on paierait plus d'impôts dans le nouveau
système
que dans l'ancien, non ?
Pourquoi pas baptiser cette année, "année noire" ?
Quoi ?
Je t'entends pas !
Tu veux dire que "année noire" ça induit kékchose
de négatif ?
Alors, le blanc tendrait à nous vendre une lessive, c'est
ça ?
Evidemment ceux qui ont les moyens de prévoir
leurs revenus exceptionnels,
ben Sarko,
ils auront qu'à toucher en 2008 plutôt qu'en 2009
et hop, j't'embrouille...
pas d'impôts sur les revenus exceptionnels.
C'est une réforme qui avantage une fois de plus les gros.
Et qui rendra l'impôt indolore aux petits.
En augmentant les tranches inférieures, on rendra le choc douze
fois moins douloureux !
Une bonne raison pour supprimer la tranche 0% dans les années
qui suivent, ça, non ?
Dis donc, Sarko,
Appelle vite Johnny.
La baisse de l'impôt sur la fortune
ne lui suffit pas pour avoir envie de rester, mais là,
avec un tel cadeau,
peut-être que ton soutien de campagne
aura à coeur de ne pas être une béquille foireuse.
Si tu me permets, mon petit Nicolas,
Je termine sur "La France, tu l'aimes ou tu la quittes".
Johnny quitte la France.
Ça veut dire qu'il l'aime pas ?
ou alors le pauvre Jonnhy il a compris autre chose :
"La France tue les mous...
- Tu l'acquittes ?"
Mais là, je ne comprends plus qui tue qui et qui acquitte qui...
Enfin, Sarko,
Comme soutien de campagne, maintenant que Johnny est parti,
il te reste encore Doc 665.750
euros d'impôts non payés Gynéco
et Pascal
stérilisation Sevran...
Des experts médicaux, ça !
Ta potion médicale pour rétablir la France
commence vraiment à avoir un drôle de goût.
Vite, une urne !
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| octobre
2006 |
n°9 |
Alors Sarko,
cette fois, je vais te donner un petit cours de droit et d'histoire du
droit.
Tu m'excuses de faire très vite,
mais je sais que tu es très occupé par toutes sortes
d'agitations.
Je vais donc faire bref. Mais pas trop. C'est complexe.
Tu viens de nous en sortir une "plus grosse que toi", comme on dit.
Mais "plus c'est gros, plus ça passe", comme tu dis.
"Dans la
République, la justice est rendue au nom du peuple.
Je propose qu'en correctionnelle,
pour les affaires les plus importantes,
on introduise le jury aux côtés des magistrats
comme c'est déjà le cas en assises", as-tu affirmé à
Périgueux.
C'est à mourir de rire, tu sais.
Tu dois savoir (tu es avocat, non ?) qu'il existe trois natures
d'infractions,
conduisant à trois types de tribunaux :
1. les contraventions (traitées par les tribunaux de police)
2. les délits (traités par le tribunal correctionnel)
3. les crimes (traités en cour d'assises).
Les affaires les plus graves, les crimes, doivent toujours être
traitées devant un jury d'assises.
Qui, lui, comme tu l'as souligné, est équipé d'un
jury populaire...
Ce qui distingue une affaire traitée en cour d'assises d'une
affaire traitée en correctionnelle,
c'est son degré de gravité, évaluable par la peine
encourue.
(Ne pas confondre la peine
encourue, et la peine prononcée...
Encore moins la peine réellement effectuée.
Pour tel crime, on encoure une peine de 15 ans au plus.
On est condamné finalement à 8 ans, par exemple.
Et on en effectue en réalité 4...)
Les peines qui désignent les Assises sont celles qui vont de 15
ans au plus, à perpétuité.
Quand les faits sont moins graves, on traite en correctionnelle.
Qui n'est composée que de professionnels.
Donc, cher Sarko, de quelles affaires parles-tu ?
Des plus importantes des correctionnelles !
Qu'est-ce ?
Importantes comment ?
Celles où la société est scandalisée ?
Pourquoi ne pas les traiter aux Assises, si elles sont si importantes ?
Parce que ?
Parce que ?
Parle plus fort, j'entends pas bien.
Parce que ça coûte beaucoup plus cher...
Et parce qu'au contraire, il y a correctionnalisation
de nombreuses affaires criminelles !
Ah bon ?
Tu veux dire que certaines affaires devraient être
traitées aux Assises,
mais que finalement elles se retrouvent en correctionnelle ?
C'est peut-être celles-là, alors ?
Pourquoi sont elles correctionnalisées ?
- Parce que ça va plus vite et c'est moins cher !
Ah bon !
- Et que ça fait moins de bruit médiatique !
Ah oui, je me souviens de ces correctionnalisations d'affaires
politiques
qui permettent d'éluder,
et de risquer des peines moins fortes, sans que les médias
continuent à s'y intéresser.
Les tribunaux d'assises sont débordés et coûtent
chers.
La correctionnalisation permet de délester.
Et c'est légal, ça ?
Ben disons que ça se pratique, en tout cas.
Et que ce n'est possible que lorsque toutes les parties y trouvent un
avantage.
Sinon l'une d'entre elles le dénonce...
Comment ça ?
Quels avantages ?
D'abord, il y a un risque pour la défense :
se trouver devant des professionnels du droit, réfléchis,
plutôt que devant un jury populaire et influençable...
Ben oui, Sarko, le peuple c'est influençable. Tu le sais bien,
quand même.
Plus difficile d'obtenir des circonstances atténuantes sur du
sentimental
quand on est chez les pros,
en même temps, les pros sont parfois moins sujets aux pressions
de l'air du temps
(ça ne s'est pas vu pendant l'enquête à Outreau, je
te l'accorde).
Donc l'avantage peut être double à éviter les
Assises :
les peines maximales risquées sont plus courtes
(plafonnées, sinon c'est les Assises),
et l'on évite les ressentiments populaires, les
enfièvrements médiatiques.
Mais il y a aussi un risque pour la Société (nous tous) :
donner l'image d'une justice qui fraude avec la loi.
Ben oui, Sarko, je t'en parlais avec les affaires de pots de vin...
Donc l'avantage pour la Société ne peut être que
celui du coût...
couplé au gain de temps.
L'avantage du gain de temps,
m'a-t-il semblé dernièrement,
tu y es très attaché :
délit et peine le plus rapprochés possible
pour une plus grande efficacité, une meilleure lisibilité
de la justice.
Et l'avantage du coût,
j'ai bien compris que tu y es très attaché aussi.
Alors ?
Qu'est-ce qui me défrise ?
Ben,
Sarko,
En introduisant un jury populaire en correctionnelle,
on augmente le coût et on ralentit la procédure.
Donc c'est inepte, d'autant que la solution existe déjà.
Il suffit de laisser aux Assises les affaires les plus graves !!!
De cesser de correctionnaliser.
(ah oui ! que fait-on des affaires politiques, alors...?)
Il est vrai qu'on parle de supprimer les jurys d'Assises depuis des
années,
pour éviter les attitudes populaires qui conduisent à des
quasi lynchages médiatiques,
comme il s'est produit à Outreau ou dans des affaires comme
celles de Dils, Dreyfus ou Ranucci...
Voilà, Nicolas,
Tu es pris, une fois de plus, en flagrant délit
de proposer de l'inapplicable ou du ridicule.
Comment comptes-tu financer ?
Et comment ensuite raccourcir les délais de jugement ?
Pourquoi ne pas t'attaquer simplement à la perversion des
correctionnalisations ?
Tu veux le beurre, l'argent du beurre et le cul de la
crémière ?
Tout ça ne tient pas debout...
Et tu le sais !
(tes études de droit à Paris X-Nanterre,
même si c'est du service public,
c'était pas si pourri que ça, quand même...)
Si
j'avais de l'humour, je mourrais
de rire comme je l'ai écrit plus haut.
Tiens, ton histoire de chiens dangereux, ça a fait pschitt
finalement.
Moi, par contre, mon idée d'utiliser mon bulletin de vote
pour te montrer mon absence total de sens de l'humour...
je l'ai toujours bien entre les oreilles !
***
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| juillet
2006 |
n°8 |
Bon
Sarko,
Là, j'ai pas de conseil pour toi...
Juste mes yeux pour pleurer !
Ben oui,
tu te souviens de ma petite pensée n°5 ...
(elle est là)
Ben Sarko,
Je suis désolé,
mais ça marche pas...
Oui, tu sais,
le Ministère de l'Intérieur avait fait un procès
à "La Rumeur"
et plus particulièrement à Hamé
parce qu'il avait écrit ceci :
"Les rapports du
ministère de l'Intérieur
ne feront jamais
état des centaines
de nos frères
abattus par les forces de police
sans qu'aucun des
assassins n'ait été
inquiété.
(...)
la réalité
est que vivre aujourd'hui dans nos quartiers,
c'est avoir plus de
chance de vivre
des situations d'abandon
économique,
de fragilisation
psychologique,
de discrimination
à l'embauche,
de
précarité du logement,
d'humiliations
policières régulières
(...)"
Eh ben
Sarko,
le
Ministère de l'Intérieur a perdu en appel !!!!
Et puis
Tu te souviens que "un député UMP" avait porté
plainte contre
Richard Melka, alias Monsieur R,
à cause de sa chanson "FranSSe"...
Eh ben Sarko,
Rebelote
Le
tribunal de Melun a débouté le député
Daniel Mach (UMP)
de ses
poursuites contre Richard Melka...
Bon, c'est vrai
Tout ça, je te l'avais dit...
T'avais aucune chance...
Mais là où je me suis planté
c'est que les médias en parlent...
Eh oui, un article dans le Monde, dans l'Obs, dans Libé...
Et même un entrefilet à la télé...
Quoi ?
Tu veux dire qu'à côté du battage média d'il
y a un an
des heures de débats aux heures de grande écoute...
Radio, télé, presse écrite...
ta comptabilité est faite...
et tu y gagnes largement ?
Mais alors ?
Ton battage autour des chiens méchants
c'est pareil ?
Juste pour faire du vent autour de ta personne ?
Et rien derrière...
En fait...
Tu nous prends vraiment pour des billes !
Mes yeux pour pleurer...
Et mon bulletin de vote.
***
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| mai
2006 |
n°7 |
Sarko,
J'ai dix solutions pour vous (toi et les tiens) sortir des
problèmes...
de tous vos problèmes en trois lettres !
Les voici :
1. Dissolution
2. Dissolution
3. Dissolution
4. Dissolution
5. Dissolution
6. Dissolution
7. Dissolution
8. Dissolution
9. Dissolution
10. Dissolution
Voilà Sarko, mes dissolutions.
Touche z'en deux mots à monsieur Sonotone.
***
|
mars 2006
|
n°6
|
Bon, Sarko,
Ton Villepin, il devait éradiquer le chômage en 100
jours...
(c'est lui qui l'a dit; il dit
n'importe quoi, parfois, non ?)
Il m'avait flanqué une trouille pas possible...
Moi, j'ai écrit une pièce qui se passe dans une ANPE.
J'étais persuadé d'avoir fait du social contemporain...
Et tout à coup, Villepin, il faisait de mon oeuvre actuelle du
théâtre historique !
"Ohne" devenait "Henry V" !
Déclassé !
Bon, au bout du bout...
Villepin il éradique juste le dialogue social...
C'est un bon début mais ça ne change rien au
chômage.
Il n'y a toujours pas de travail !
Alors la solution, je te la file, Sarko,
parce que, toi, j'ai confiance, tu te dégonfleras pas.
Tu sais pourquoi il y a tant de chômeurs ?
Ben, parce qu'il y a une assurance chômage, banane.
Supprime l'assurance chômage...
et il n'y aura plus de chômeurs (indemnisés...
les
seuls dont tu parles)
Tu crois que je bouffonne ?
Que c'est de la provoc' à deux balles ?
Tu te trompes.
Penses-tu que les employeurs pourraient se permettre
de délester leur "ressources humaines" afin d'accroître
leur rentabilité,
sans que cela ne déclenche des jacqueries,
s'il n'existait un système collectif,
payé par l'ensemble des employés et nommé
"assurance chômage" ?
(ben oui, comme dans toute
assurance, c'est l'assuré qui finance le système avec son
salaire, non ?)
Le chômage indemnisé est la clé de la paix sociale.
Paix sociale qui rend possible l'inacceptable :
On vire pour maximiser des profits privés en faisant supporter
le coût social à la collectivité.
Et en culpabilisant celui qui se contente de l'aumône.
Supprime l'UNEDIC, et les patrons seront obligés d'embaucher
pour éviter de voir leurs têtes au bout de piques...
Et voilà le chômage éradiqué !
Evidemment, les patrons vont pas accepter que tu le supprimes...
Ben oui : ou ils perdent leurs profits, ou ils perdent leurs
têtes !
Cruel dilemme.
D'autant que le chômage de masse sert en même temps
à exercer une pression modératrice sur les salaires !
Donc à maximiser les profits !!!
Tant qu'il y a des chômeurs, ceux qui travaillent modèrent
leurs appétits salariaux...
Donc, Sarko,
tant que les salaires des employés seront
considérés comme des coûts,
et les salaires de actionnaires comme des bénéfices,
le problème du chômage n'aura pas de solution
économique libérale.
A moins que ce ne soit le libéralisme qui ne soit pas une
solution ?
- Oh non ?
- Ah si !
***
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| décembre
2005 |
n°5 |
Sarko,
Juste une petite idée comme ça... pour que tu t'en tires
avec les médias.
Prenons par exemple une situation sociale un peu complexe dans les banlieues
(c'est une litote... non, un euphémisme)
Prenons encore une attitude générale d'un ministre qui
soit un tantinet provocante
(c'est un euphémisme... non, une litote)
Voyons qu'au bout d'un temps, les choses se calmant, les médias
parlent d'autre chose...
(double chiasme)
C'est râlant.
Eh ben, quand ça commence à se calmer,
il convient de lancer une petite affaire de procès contre des
chanteurs de Rap.
De manière tonitruante... et contre toute logique.
"C'est les Rappeurs qui ont foutu le feu !"
Bien sûr, tu es ridicule et tu n'as aucune chance de gagner le
procès...
Mais tu t'agites... aujourd'hui, ça fait comme "tu agis".
Et les médias ré-enquillent pour quelques semaines sur ta
bobine.
Le temps que la Justice fasse son oeuvre...
tout le monde aura oublié de vérifier le résultat
du procès,
mais les dividendes de notoriété ont été
encaissées.
C'est du nanan.
Parce que le procès, c'est le contribuable qui va le payer.
C'est pas toi.
Tu vois, Sarko, ça, c'est de la pub efficace et pas cher.
Tu y avais déjà pensé ? Ah bon !
C'est les médias qui pensent pas, alors ?
*** |
| novembre
2005 |
n°4 |
Hey Sarko,
En France, du
1er janvier au 27 octobre 2005, 28000 voitures ont
brûlé !
Les
médias n'en ont pas parlé. Mais toi, tu le sais (non
?).
C'est, en
moyenne, 90 voitures tous les jours !
Depuis le 27
octobre (nous sommes le 9 novembre),
environ 5000
voitures ont brûlé.
C'est, en
moyenne, environ 400 voitures tous les jours !
Moi, Sarko,
j'appelle pas ça "des banlieues qui explosent".
J'appelle
ça : une vilaine fièvre, sur un terrain
fragile, sensible.
Pour la
fièvre, le médecin prescrit un peu d'aspirine, du
repos, de l'attention de l'entourage
(take care,
disent les anglo-saxons);
pour le
terrain sensible, c'est la vitamine, pas le bromure et la
quarantaine...
Quand,
à la place, on prescrit une chimiothérapie et des
rayons X,
soit on est
incompétent, soit on est mal intentionné.
Choisis ton
camp.
Et tiens au
courant ton ami Villepin (le flamboyant
premier
ministre, dixit les médias).
*** |
| septembre
2005 |
n°3 |
Joli
paradoxe
sans conséquences :
Le
Contribuable
veut qu'on baisse les impôts. Il a raison, le
contribuable.
Donc, le Contribuable veut moins de fonctionnaires. C'est
trop
lourd, les fonctionnaires.
L'Entrepreneur
veut plus de
souplesse dans les contrats d'embauche. Il
a raison, l'entrepreneur.
Donc l'Entrepreneur ne veut plus de CDI. Le CDI, c'est la
cause
du
chômage.
Le
Propriétaire veut louer son bien immobilier à un homme
aux revenus stables et garantis.
Donc, le Propriétaire, il veut :
fiches de paie (CDI exigé,
fonctionnaire
apprécié), certificat de l'Employeur,
caution et Garants...
Moralité
:
Le
Propriétaire immobilier n'est jamais ni Contribuable, ni
Entrepreneur !
Ah si ? Ah merde !
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| août
2005 |
n°2 |
Ne dites pas "Patron",
dites "Entrepreneur". (C'est
plus
moderne)
Ne dites pas "charges patronales", dites
"Charges
Entrepreneuriales".
Elles deviennent encore
plus injustes !
*** |
juillet 2005
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n°1 |
"Qui
vole
un
oeuf, vole un boeuf" (dicton populaire)
"Qui vole un oeuf
fécondé, assassine un poulet" (pensée(?)kärcher
populiste)
***
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